Enfants diabétiques : les réactions des membres de la famille

Enfants diabétiques

L’apparition d’une maladie chronique chez les enfants diabétiques est un moment très délicat pour le patient et pour sa famille qui doit faire face à des peurs et à des angoisses face à une maladie qu’il croit encore inconnue et qui menace d’une manière ou d’une autre l’être aimé .

Les membres de la famille souffrent également après le diagnostic de la maladie, bien qu’ils aient tendance à donner de la force à la personne concernée, ce qui risque de compromettre la stabilité mentale du patient.

Enfants diabétiques et parents

Marianna Bonanni, psychothérapeute systémique-relationnelle, nous explique:

Lorsque les enfants et les adolescents sont touchés par la maladie, la question devient plus difficile. Dans les faits, le diabète de type I est une pathologie chronique qui impose au patient et à sa famille une réorganisation complexe des habitudes alimentaires et du mode de vie. L’intervention que nous voulons proposer s’inspire de l’hypothèse théorique selon laquelle la famille fonctionne comme un système dont les composants interagissent et s’influencent mutuellement. Ils se développent ensemble et, comme un seul organisme, font face aux défis de la vie. Face à la maladie, la famille a tendance à mal s’organiser et ce au détriment du bien-être de ses individus et de l’ensemble du système familial. Généralement, seul un parent, souvent la mère, prend entièrement en charge les soins de l’enfant malade, ce qui entraîne le mise en retrait du partenaire et la diminution de la dimension conjugale. Les autres enfants ont du mal à exprimer leurs besoins et leurs besoins de croissance, car les parents sont absorbés par les soins du frère / de la soeur malade. La surprotection des parents envers l’enfant malade peut empêcher celui-ci de développer une autonomie dans la gestion de la maladie et une indépendance émotionnelle physiologique et progressive par rapport à la cellule familiale. Cette configuration se consolide à partir du diagnostic de la maladie, en tant que réaction défensive à un événement imprévu, incontrôlable, qui génère des émotions de peur, d’angoisse et de colère, ainsi que de culpabilité, compte tenu de la nature génétique de la maladie. Les parents, pris par le sentiment d’impuissance, se blottissent autour de leur enfant malade pour le protéger de cet événement qui entraîne un changement irréversible du mode de vie. Avec le temps, le risque est que les rôles familiaux deviennent rigides dans un équilibre qui n’est pas fonctionnel pour le bien-être de tous, mais qui est filtré et conditionné par le prisme de la « maladie ». Le diagnostic commence par un chemin qui voit la famille engagée dans l’apprentissage de la gestion de l’enfant malade et du contrôle du diabète. Les consultations médicales et diabétologiques se succèdent afin de prendre soin de son enfant et de connaître une maladie qui garantit une vie « presque normale », mais qui peut au départ surprendre car sans préparation. L’urgence d’apprendre à maîtriser le diabète finit par limiter la possibilité pour les parents de s’occuper des conséquences psychologiques et émotionnelles de la maladie, pour l’enfant et pour eux-mêmes, ainsi que pour les autres enfants en bonne santé, ainsi que pour la réflexion et le traitement. les émotions difficiles et douloureuses associées au diagnostic, aux conséquences inévitables en termes d’atmosphère familiale et donc de bien-être de chacun.

L’environnement qu’on respire à la maison est très important dans le traitement de la maladie car, poursuit le Dr Marianna Bonanni, «l’expérience émotionnelle du patient affecte sa qualité de vie, affecte sa capacité à gérer lui-même la maladie et met une pression sur les relations familiales et non familiales. « 

Quand un membre de la famille n’accepte pas la maladie

Il peut également arriver qu’un membre de la famille éprouve de la difficulté à accepter la maladie du patient, ne se sentant pas capable d’assumer la responsabilité de l’aider et vivant avec des angoisses et des craintes quant au pronostic de la maladie elle-même.

Dr. Marianna Bonanni nous en dit plus:

À cet égard, certaines recherches montrent que le contrôle du diabète est influencé par des facteurs familiaux. Dans les familles où les parents manifestent peu de relations interpersonnelles, ne sont pas d’accord quant au traitement sur les soins du diabète et n’encouragent pas l’autonomie décisionnelle des enfants, les enfants diabétiques ou les adolescents ont une plus faible capacité d’adaptation psychologique. Un contrôle métabolique inadéquat semble être associé à une augmentation des conflits entre parents et enfants diabétiques.

Et elle conclut:

Il est donc essentiel que le cadre familial soit sain du point de vue psychologique, car les jeunes diabétiques doivent pouvoir développer leur indépendance dès leur plus jeune âge, dans un contexte accueillant et affectif, avec des parents qui  ont une approche de la maladie ferme et constante, mais sans trop de restrictions. Les parents vivent un conflit permanent entre la nécessite d’adopter une attitude rigide et normative et le fait de ne pas pouvoir tolérer les souffrances de l’enfant, ce dernier pouvant rapidement apprendre à manipuler sa famille dans le cas de sa maladie. Au moment du diagnostic, le patient et sa famille doivent faire face à un processus délicat de maladie et de deuil lié à la perte de santé. La manière dont cette phase est vécue affecte grandement l’acceptation de la maladie et la « prise en charge » du patient lui-même. Plus ce processus sera vécu de manière volontaire, plus il sera aisé de réorganiser la cellule familiale face à ce changement. Il arrive que les enfants détestent leur diabète, mais cela reflète en partie l’attitude de leurs parents. Il est donc utile de permettre aux enfants et aux adultes d’apprendre à vivre en harmonie avec le diabète. Il va sans dire que les recherches confirment l’importance d’une vision centrée sur le patient et non sur la maladie, ou d’une approche biopsychosociale qui prend en charge la personne dans son ensemble.

Un rapport précieux qui nous fait comprendre comment un soutien psychologique devrait être étendu aux familles des enfants et des jeunes atteints de diabète, y compris par le biais de groupes de soutien, souvent organisés dans des centres de traitement du diabète.

Les parents sont un guide et un point de référence pour leurs enfants et, précisément pour cette raison, ils doivent se montrer sereins et transmettre leur positivité, sachant qu’aujourd’hui, pour les personnes atteintes de diabète, il est possible de mener une vie normale grâce aux progrès de la recherche scientifique mais également grâce à la prise d’aliments et de produits hypoglycémiques afin d’éviter l’hypoglycémie.

Découvrez également notre article sur Famille et amis : l’importance d’avoir le soutien des proches.

Catégorie : Famille et amis, Type 1, Type 2,

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